a c t u s

mercredi 7 octobre 2009

Pétition pour l'indépendance et la survie de l'AFP



L'Agence France Presse joue un rôle dans l'écosystème des médias français. Une AFP étatisée et dépouillée de cette indépendance relative, instituée par un vote unanime du parlement en 1957, ce serait encore plus de "communication" voulant être diffusée gratuitement sur Internet, dans la précipitation de ces sources officielles (dirigeants d'entreprise, préfets, procureurs, recteurs d'académie) qui aiment pouvoir imposer une unique version des faits, menant à des aberrations médiatiques, dans tous les domaines où la réputation des journalistes est exposée : santé publique, éducation, justice, social, etc.

Face aux pressions du pouvoir politique, au projet de transformer l’AFP en société par actions d'abord étatisée puis privatisée, la pétition SOS AFP compte déjà plus de 19.000 signataires, dont plus d’une centaine de sections syndicales d’entreprise. L’adresse internet où signer la pétition pour l'indépendance et la survie de l'AFP :



lundi 14 septembre 2009

Assises du Journalisme et de l'Information 2009

La troisième édition des Assises se tiendra à Strasbourg du 5 au 9 octobre 2009, en partenariat avec le Conseil de l’Europe. Pour tout savoir sur les débats, les intervenants, et les thématiques des Assises 2009, consultez le programme détaillé de chaque journée et accédez au formulaire d'inscription.

mardi 23 juin 2009

Pigistes : accord sur la formation professionnelle

Avec la première réunion de la "commission pigistes", c'est une réunion historique qui s’est tenue le 19 juin dernier à Médiafor, l'organisme paritaire formation de la branche presse écrite. Après des années de négociations, les journalistes pigistes de presse écrite titulaires de la carte de presse vont enfin pouvoir bénéficier de la formation professionnelle (une commission de suivi devra traiter de la situation des pigistes non encartés).

Depuis la loi Cressard de 1974, les journalistes pigistes avaient rarement accès à la formation chez leurs employeurs (et généralement sans le maintien de salaire via Mediafor). La signature de l'accord formation en février 2009 entre syndicats de journalistes et fédérations patronales de presse change la donne.
Médiafor a ainsi collecté pour nous des fonds conséquents (1,5 millions d’euros) auprès des entreprises de presse. Mais ce budget doit théoriquement être « consommé » avant le 31 décembre 2009 !

EN PRATIQUE : si vous avez envie ou besoin d’une formation, il faut donc envoyer vos demandes dès à présent à Médiafor, qui devient notre référent. Les dossiers déposés d'ici début juillet seront étudiés avant l'été. Ceux déposés ensuite, avant le 9 septembre, seront traités (anonymement) par la prochaine réunion de la commission pigistes en septembre. Seront examinées en priorité les formations qui doivent se faire avant le 31 décembre. L’important est de bien « ficeler » votre projet et votre lettre de motivation. L'équipe de Médiafor vous orientera vers des organismes si nécessaire et vous enverra le dossier de demande à remplir (*). Vous pouvez vous renseigner au 01 44 88 92 70. Demandez le pôle gestion conseil (sinon sur http://www.mediafor.org/).

Pour information, l’ESJ Lille et le CFPJ Paris ont élaboré des programmes spécifiques de formation pour les journalistes pigistes. Ils devraient être rendus publics prochainement.

N’hésitez pas à nous faire remonter toute question ou remarque. Martine Rossard, représentante titulaire du SNJ, et Gwenaëlle Moulins, représentante titulaire de l’USJ-CFDT, à la Commission "pigistes" à Mediafor
(*) Vous pouvez demander...

- un CIF (congé individuel de formation), bien adapté pour une formation longue (plus de 2 à 3 semaines). Le maximum légal est d’un an ou 1200 h.

Vous devrez convaincre la Commission de l’intérêt de cette formation dans votre lettre de motivation. Nouveauté : vous n'avez plus besoin de l'autorisation d'absence délivrée par vos employeurs pour avoir -comme tout autre salarié - le maintien de la rémunération pendant votre formation. Cette rémunération, versée par Mediafor et soumise à toutes les cotisations sociales habituelles, sera calculée sur la moyenne des salaires des 12 derniers mois. Mediafor prendra en compte tous vos salaires des entreprises de presse écrite lui ayant versé leur contribution formation. C'est à dire, a priori, les salaires de toutes les entreprises de presse mais pas ceux des publications éditées par des organismes publics, des mutuelles, des associations. ...

Votre rémunération devrait être : total du salaire cotisé multiplié par nombre d'heures de formation et divisé par temps de travail annuel. Exemple 20 000 € X 140 h : 1600 h. Vous devrez fournir les photocopies de votre carte de presse de l’année en cours et de tous vos bulletins de salaire sur les 12 mois précédents.

- un DIF (droit individuel de formation), plutôt adapté pour des formations courtes de moins de 120 h (maximum légal).

Pour éviter d’interroger chaque employeur et de faire des calculs compliqués pour chaque demande, la
commission pigistes a prévu - au moins à titre provisoire - d’accorder à chaque journaliste pigiste 20 h par an de détention de la carte pour 2005, 2006, 2007 et 2008 et 13 h pour 2004 (promulgation de la loi en cours
d’année). Un journaliste pigiste muni de l’attestation de la Commission de la carte attestant du renouvellement régulier (ou photocopie de la carte délivrée chaque année) depuis 2004 a droit à 93 h. Une éventuelle anticipation des droits à venir est prévue par l’accord. Pour 2009 et la suite, le calcul de l'allocation, décidé provisoirement, consiste à diviser le salaire annuel individuel par un salaire de référence de 1400 € (salaire médian du journaliste titulaire au premier indice toutes grilles des différentes formes de presse confondues) pour trouver un nombre d’heures. Une allocation (et non un salaire, malgré les demandes syndicales) sera versée.
Le Code du travail prévoit que l'allocation est égale à la moitié du salaire horaire net du salarié. Pour simplifier et provisoirement, Mediafor devrait verser la moitié arrondie du net du salaire médian précité, soit 5 €/heure (ce montant insuffisant rend illusoire la possibilité de suivre des formations à plein temps sans travailler parallèlement, nous essayerons d'agir sur ce thème).

Texte adressé aux journalistes pigistes par Martine Rossard (SNJ) et Gwenaëlle Moulins (USJ-CFDT), elles-mêmes journalistes pigistes siégeant à Médiafor (organisme paritaire collecteur agréé par l’Etat).

Pétition : SAUVONS LA PHOTOGRAPHIE

Pour que la création visuelle continue d’exister et que les auteurs photographes puissent continuer à produire des photographies, l’Union des Photographes Créateurs, Freelens, et la Saif lancent un appel pour la constitution d’Etats généraux de la photographie. Les Agents Associés, le Groupement National des Photographes Professionnels et l'Association Nationale des Iconographes s'associent à cet appel...

Les utilisations massives de photos dites « libre de droits », les photographies à « 1 euro », les photographies signées « DR », la baisse générale des tarifs, les contrats de cession de droits ne respectant pas la loi, la remise en cause par les juges de la qualité originale des photographies, la banalisation de la photographie comme un bien de consommation et les autres atteintes à la profession doivent être encadrés juridiquement et socialement. Ces pratiques abusives génèrent une crise économique sans précédent qui met en péril les auteurs photographes et les agences photographiques qui diffusent leurs images. L’opinion publique et les représentants de l’Etat doivent prendre en compte cette réalité.

La France pays inventeur de la photographie a le devoir de soutenir la liberté de création visuelle et maintenir une activité économique qui concerne des milliers d'emplois utiles à notre société. Nous demandons à l’Etat, garant des libertés et de la sauvegarde du patrimoine culturel, de tout mettre en œuvre pour réunir l’ensemble des acteurs de la photographie et trouver des solutions législatives à cette situation.

Vous pouvez soutenir cette initiative en signant l'appel sur http://petitions.upc.fr/appel.php?petition=1

jeudi 11 juin 2009

Commission de la Carte de Presse : n’oubliez pas de voter !



La Commission de la Carte de Presse est un des premiers lieux de réflexion, de défense et d’action pour la profession. IL EST IMPORTANT DE VOTER.


Ce ne sont plus les Européennes mais le 2ème tour de l’élection des représentants des journalistes à la commission de la carte de presse. Il a commencé le 8 juin et se termine le 17. Vous avez reçu en principe le matériel nécessaire au vote... et vous le savez sûrement, au 1er tour, il y a eu 15 376 votes exprimés représentant 40,89%, donc moins de la moitié des détenteurs de la carte de presse. Ce qui déclenche un 2ème tour.


Cette fois, il n’y a pas de quorum. Les candidatures ne sont pas non plus réservées aux seules organisations représentatives. Il y en a donc une de plus : Sud. Plus exactement Sud "Culture Solidaires". Elle s’ajoute au SNJ, à la CFDT, la CGT, la CFE-CGC, la CFTC, et FO.

vendredi 17 avril 2009

CCIJP : élections 2009



Le scrutin démarre le 27 avril et se poursuit jusqu’au 19 mai, nous allons bientôt recevoir par la poste notre matériel de vote. Il s’agit de désigner nos représentants à la commission de la carte (CCIJP). Cette institution qui, tous les ans, en nous délivrant la carte de presse, atteste officiellement de notre qualité de journaliste professionnel.

Qu’est-elle vraiment, cette carte ? Pourquoi existe-t-elle ? Comment a-t-elle vu le jour ? Que signifie-telle ? Selon quelle règle est-elle attribuée ? Tout ou presque se trouve sur le site de la Commission, http://www.ccijp.net/.

Et pour l’éclairage du SNJ qui en a toujours, jusqu’ici, occupé la co-présidence tournante (un journaliste une année, un représentant des entreprises de presse l’autre année) http://www.carte2009.fr

mardi 17 février 2009

Pigistes nantais : compte-rendu réunion du 3 février

Communication du Collectif "Pigistes Nantais"

Pigistes, avenir rose ou morose ? Devinez. La réunion des pigistes nantais le 3 février a porté sur le protocole d'accord cosigné par la CFDT, la CGC et la CFTC, avec l'opposition ferme et unanime de collectifs de pigistes, des syndicats SNJ, CNT, FO, CGT et SUD. La réunion a aussi abordé les stratégies en cas de baisse de piges. On était une grosse douzaine.

On aurait pu avoir un papier dans "Grosse douzaine hebdo", mais le pigiste qui écrit pour ce titre n'était pas là. Jamais là quand on a besoin d'eux, ces fainéants. Planqués (et peut-être bien consanguins). La première partie a déjà été traitée par un argumentaire précis développé par le collectif « Profession pigiste » et le SNJ. Des fichiers reprenant ces arguments ont été adressés avec l'invitation à cette rencontre. Les redemander si nécessaire (ainsi que les autres documents présentés au cours de la réunion).

Faute de réponse aux invitations des responsables régionaux de la CFDT à venir expliquer leur choix, les arguments de la CFDT ont été résumés à partir d'une contribution reçue par mail, sollicitée auprès de la direction nationale. Topo rédigé par Michel Chapeau, négociateur et secrétaire fédéral de la branche presse. Mais les arguments de la CFDT, revendiquant comme des avancées pragmatiques des dispositions déjà prévues par la loi, code du travail et convention collective, laissent perplexe. Certes, les employeurs appliquent difficilement, voire pas du tout ces droits. Ancienneté passée à la trappe, exclusions des oeuvres sociales du CE, des listes électorales, etc. Mais comment espérer que ces droits puissent se révéler mieux garantis avec un nouveau texte, alors que les premiers textes supposés aussi les garantir sont bafoués dans les faits. Pourquoi faire plus confiance au nouveau texte si le premier n'est pas respecté ? La logique est en fait simple : il faut faire valoir nos droits, et batailler pour. Pas attendre un texte modifiant celui existant, avec une hypothétique "applicabilité", pour paraphraser les néologismes à la noix.

On a essayé de montrer les enjeux, et les dangers tendanciels pour les pigistes, menés de plus en plus vers un statut extérieur au salariat, en tous cas à la communauté de travail, ce qui est déjà le cas physiquement et géographiquement. La disparition des pigistes du registre unique du personnel, donc rayés des effectifs du média qui les emploie est à ce titre significatif. Très dans l'air du temps ça; il faudrait devenir le propre responsable de son destin professionnel, auto-entrepreneur, profession libérale ou un truc du genre. Mais du coup, fini (ou presque) le salaire en cas de maladie, les congés maternité, les avantages communs, les rapports de force pour obtenir des droits transversaux. Chacun pour soi. On passerait au stade d'un rapport commercial, comme la sous-traitance dans l'industrie. Ce qui amenèrait encore plus de docilité, puisque l'employeur pourrait changer son prestataire pigiste avec encore moins d'encombres qu'actuellement. Malheureusement, l'emploi du conditionnel n'est plus de mise. Le nouveau texte, qualifié de "scélérat" par le SNJ, est applicable dès maintenant. Dans les entreprises, les employeurs ne vont pas se gêner.

Cependant, les recours sont en cours contre ce "protocole d'étape" dont les extensions prévues restent assez brumeuses. Les syndicats non-signataires le contestent en justice, sur le fond. Ils font prévaloir que le texte est contraire à la convention collective des journalistes. Mais cela va prendre du temps, les recours n'étant pas suspensifs.

Au club de la presse devant des sandwiches, la deuxième partie de la rencontre était un peu là pour appâter, avec quelque chose qui implique personnellement tout le monde. On a présenté l'accord de compensation des baisses de piges à Libé, et ses limites (calcul du différentiel entre l'année N et l'année N+1, pour règlement -ou dérèglement structurel- à l'année N+2 ; montant : 40% de la baisse constatée). On a rappelé les "contrats" de mensualisation des pigistes réguliers à La Croix, l'"outil de pilotage" de la régularité des collaborations en germe au groupe Wolkers Kluwer (ex groupe Liaisons). On a aussi présenté la démarche à entreprendre auprès des rédactions et des médias pour demander cette régularité, inscrite dans la loi (Cressard) et, au pire, le contenu possible de lettres de demande de licenciement, en bonne et due forme.

Tout cela pour dire qu'il existe des solutions groupées, éventuellement négociées, et qu'il faut éviter le piège du fatalisme et de la résignation. Pourquoi faudrait-il nous sur-pénaliser nous mêmes en cas de marée basse persistante ?

On a aussi plaidé pour des démarches collectives, plutôt que du traitement au cas par cas, au coin du bois. Les temps étant difficiles, la division et l'individualisme sont souvent vus comme des petits moyens de tirer son épingle du jeu. Ceci dit pour les petits malins qui pensent que ce n'est pas un rapport de force mais juste un sillage perso à tracer. Mais tout seul, on ne gagne pas souvent. On a lu ça dans "Souvent magazine". Voilà. C'est l'heure de rendre l'antenne. A vous les studios.

mercredi 28 janvier 2009

Journalistes : grève et manif le 29 janvier







Les syndicats de journalistes appellent à faire de la journée du 29 janvier un grand moment de mobilisation, de grève et de manifestations, dans l'unité la plus large et la plus combative. Avec tous les salariés du privé et du public, les journalistes refusent :

- les licenciements et la précarisation des emplois
- le blocage des salaires
- le dépeçage de notre Convention collective
- les attaques tous azimuts contre les services publics

Ils exigent :

- des embauches et des emplois qualifiés et statutaires
- des négociations salariales paritaires dignes de ce nom
- des salaires reconnaissant leurs qualifications et garantissant leur indépendance économique
- de meilleures conditions de travail
- le respect de leurs droits et de leur indépendance pour toujours mieux informer

A PARIS L’INTERSYNDICALE DES JOURNALISTES
DONNE RENDEZ-VOUS
A TOUS LES SALARIES DES MEDIAS
Boulevard Beaumarchais
à partir de 13h 30
(en tête de manif, entre FO et CGT)

mercredi 21 janvier 2009

Pigistes : rencontre débat au CPNA

3 février 19h30
au Club de la presse de Nantes
Les sujets de préoccupation :
1/ le protocole d'accord pigistes et ses dangers,
2/ les échéances d'une éventuelle application, ou d'un rejet, de cet accord.
Avec lectures critiques du texte et point de vue du SNJ
(opposé à ce texte avec les journalistes CGT, FO, SUD, CNT secteurs presse ),
le point de vue de la CFDT, premier signataire de cet accord (suivi par la CGC et la CFTC)
Contacter Hubert Heulot

mercredi 5 novembre 2008

Protection des sources : appréciation aux juges

Après l'Assemblée nationale au printemps dernier, le Sénat vient de se pencher sur la protection des sources des journalistes, clarifiant des éléments de ce texte critiqué par la gauche et par plusieurs syndicats de journalistes.

Adopté en première lecture par La Haute Assemblée, le projet défendu par Rachida Dati (lire notre article) va donc repartir au palais Bourbon pour une deuxième lecture (ndr : la majorité UMP et centristes a voté pour ; la gauche PS, PCF et Verts a voté contre en déplorant des "imprécisions" encore "trop nombreuses"). Les sénateurs ont adopté avec l'aval du gouvernement tous les amendements du rapporteur de la commission des Lois (ndr : François-Noël Buffet, UMP) visant à "clarifier" le projet.

Dans le premier article, ils ont supprimé la disposition limitant aux seules questions dites d'intérêt général le bénéfice de la protection du secret des sources. Plusieurs syndicats de journalistes la jugeaient très "floue". Selon la version sénatoriale, "le secret des sources des journalistes est protégé dans l'exercice de leur mission d'information du public". Cette protection est par ailleurs "explicitement" étendue à l'ensemble de la chaîne de l'information. Ils ont précisé la notion "d'atteinte indirecte" en stipulant qu'elle consiste en "le fait de chercher à découvrir les sources d'un journaliste au moyen d'investigations portant sur toute personne qui, en raison de ses relations habituelles avec un journaliste, peut détenir des renseignements permettant d'identifier ces sources".

Les dérogations au secret des sources permises par le texte ont par ailleurs été complétées. Les députés avaient voté qu'il "ne pouvait être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu'à titre exceptionnel et lorsqu'un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie". Les sénateurs ont supprimé la mention "à titre exceptionnel" et ajouté "et si les mesures envisagées sont strictement nécessaires et proportionnées au but légitime poursuivi". La ministre de la Justice a jugé "impératif" de "laisser aux juges le soin d'apprécier au cas par cas s'il est justifié de savoir comment un journaliste a été informé et d'identifier sa source" dans le cadre d'une affaire pénale. CAF (sources : AFP, L'Express)

vendredi 24 octobre 2008

Plenel claque la porte des Etats généraux de la presse

Le site d'informations Mediapart a annoncé jeudi avoir décidé de ne plus participer aux états généraux de la presse écrite, estimant qu'il s'agit "au mieux d'un jeu de dupes, au pire d'une menace pour l'ensemble de nos métiers...". Notre rédaction s'en fait l'écho...

Le site d'Edwy Plenel avait été invité à participer à l'une des commissions des états généraux lancée début octobre par Nicolas Sarkozy. Une commission dédiée à la presse sur internet (ndr : intitulée "Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ?"), pilotée par Bruno Patino (voir bio et photo), docteur es-sciences-po, ex-directeur du Monde Interactif (aujourd'hui disparu), auteur d'un essai sur "Une presse sans Gutenberg"...

Mediapart aura finalement participé aux états généraux de la presse durant 17 minutes : "Nous nous sommes rendus à la première réunion de cette commission jeudi pour constater qu'aucune des conditions minimales n'était remplie : pas de publicité des débats, sous-représentation des journalistes, absence des lecteurs et des blogueurs, et un flou procédural laissant libre cours aux influences et petits arrangements"...

Rappel des faits
: début octobre, Nicolas Sarkozy a chargé quatre groupes de travail composés d'éditeurs, de journalistes, d'experts et d'hommes politiques, de réfléchir à l'avenir de la presse. Chaque groupe devant présenter d'ici la fin de l'année quelques recommandations (ndr : cinq ou six... pas plus...).

Une histoire de saupoudrage : des "pôles" dotés de personnalités variées...

Que retenir du pôle, si ce n'est sa dénommination et sa composition : "Quel avenir pour les métiers du journalisme ?" avec Arnaud de Puyfontaine (photo), diplômé de l'ESCP, 44 ans, ancien Pdg de Mondadori France, qui regroupe les activités françaises du groupe italien connu pour avoir mené la cession d'Emap France à Mondadori, en 2006, contrôlé par la holding Fininvest de Silvio Berlusconi. Ex-président de l'Association pour la promotion de la presse magazine (APPM, de 2004 à 2007).

Dans cette auguste commission, le rejoignent Michel Muller (Filpac-CGT), Gérald de Roquemaurel (ex-Lagardère), Jean-Clément Texier (expert médias), Michel Sasportes (OC & C Strategy) et Francis Morel (Le Figaro)... un doux mélange... avec deux rapporteurs : Cécilia Berthaud de l'Inspection des Finances et Marine Camiade de la Cour des Comptes.

François Dufour, président du pôle «presse et société», s'est pour sa part entouré de quatre vice-présidents chargés chacun d'une question clé... le casting parle de lui-même : Patrick Eveno, historien de la presse (Paris I), qui pilote le thème «Pluralisme, développement et concentration : que faire ?» ; Jean-Marie Charon, sociologue de la presse et chercheur au CNRS, la question ; Pascal Guénée, directeur de l'Institut pratique du journalisme («Comment améliorer le contenu pour les lecteurs»ue du Journalisme") le sujet sur la confiance des lecteurs, et Jeanne-Emmanuelle Hutin (ndr : Hutin, donc...), du quotidien régional «Ouest-France», celui sur les moyens d'attirer les lecteurs jeunes (15-15 ans). Chritophe Garat, de la Cour des Comptes, et Emmanuel Fessy, ex-conseiller technique auprès du ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon...

Pour info, les quatre groupes de travail constitués depuis le 2 octobre pour organiser les travaux des états généraux de la presse ont à leur tête des personnalités ayant toutes une (grande) expérience du monde de la presse. Des groupes sensés dialoguer via un comité de pilotage... (le plus) intéressant (est) donc de passer en revue la composition de ce comité... un vrai casting média :

La coordination est assurée par Bernard Spitz (photo, diplômé de l’ESSEC, de l’IEP Paris et de l’ENA, maître des requêtes au Conseil d’Etat). Bernard Spitz a été jusqu’en 2004 directeur de la stratégie de Vivendi Universal, avant de fonder "BSConseil", société de conseil en stratégie et en communication. L'homme est par ailleurs ex-conseiller de Michel Rocard, ancien journaliste au Monde et a été membre de la DG de Canal+. Bernard Spitz est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur le secteur de la communication, accessoirement membre du collectif de réflexion de centre gauche des "Gracques" (association lancée par d'anciens conseillers économiques et sociaux de F. Mitterrand, et des ministres L. Fabius, P. Beregovoy, M. Rocard, L. Jospin, J. Delors, M. Sapin et DSK).

Groupe de travail "Imprimer, transporter, distribuer, financer : comment régénérer le processus industriel de la presse écrite ?" : Bruno Frappat (photo, La Croix, 63 ans, est depuis avril 2005 le président du directoire de Bayard Presse, groupe catholique de presse et édition multimédia, (détenu par les Assomptionnistes)...

Bruno Patino (photo, 43 ans, qui vient d'accéder à la direction de France Culture, est un spécialiste des relations entre la presse et internet. Ce docteur en sciences politiques, également diplômé de l'Essec (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales), a notamment pris en charge le destin numérique du Monde, en dirigeant sa filiale Le Monde Interactif (ndr : paix à son âme...) a également présidé Télérama et la régie publicitaire du groupe Le Monde, dont il deviendra brièvement vice-président du directoire en 2007. Bruno Palatino dirige l'école de journalisme de Sciences-Po Paris et est l'auteur avec Jean-François Fogel d'un essai sur "Une presse sans Gutenberg". En charge de l'atelier "Le choc d’Internet" : quels modèles pour la presse écrite ?

François Dufour, 46 ans, est le co-fondateur du groupe Play Bac et le rédacteur en chef des seuls quotidiens français destinés aux enfants. Diplômé de Science-Po, il est le représentant des quotidiens nationaux français à l'Association mondial des journaux (AMJ). Convaincu que la crise de la presse est une "crise du contenu", il a avancé en janvier dix propositions pour sauver les quotidiens d'actualité. Parmi elles : rendre les journaux plus visuels, plus explicatifs, plus pratiques, s'interroger davantage sur ce qui intéresse les lecteurs, et en particulier les lectrices, offrir davantage de sport et de sujets nationaux... l'homme est en charge de l'atelier "Presse et société" : comment répondre aux attentes des lecteurs et des citoyens ?

Claude A.Frison (mouture sources AFP, Nouvel Obs, Médiapart, Ouest France...)

mardi 14 octobre 2008

Mediapart : lettre ouverte aux Etats généraux

Voici dans son intégralité l'analyse faite par Edwy Plenel et François Bonnet, directeur éditorial de Médiapart sur les Etats généraux de la presse initiés par Nicolas Sarkozy... Mediapart lance un appel à tous les professionnels pour imposer de véritables Etats généraux...

Nous sommes journalistes. Notre métier est l'information, c'est-à-dire la libre enquête sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. C'est un travail qui nous oblige, car il est au coeur d'un enjeu qui nous dépasse: la démocratie.

Une crise d'indépendance

Les droits et devoirs de notre profession ne sont pas un privilège, mais une responsabilité envers les citoyens. La déclaration qui vaut charte déontologique pour les journalistes européens l'énonce clairement : «La responsabilité des journalistes vis-à-vis du public prime toute autre responsabilité, en particulier à l'égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics». Tout simplement parce que les journalistes sont à la fois dépositaires, instruments et gardiens d'une liberté qui ne leur appartient pas : «Le droit à l'information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de l'être humain, rappelle le même texte, adopté en 1971 à Munich par nos fédérations et organisations professionnelles. De ce droit public à connaître les faits et les opinions procède l'ensemble des devoirs et des droits des journalistes».

Nous sommes journalistes, et nous ne comprenons pas ce que divers représentants de notre profession sont en train de laisser faire. Nous ne comprenons pas comment l'avenir de notre métier peut être confié à une procédure qui est la négation même des principes que nous venons d'évoquer. Nous voulons parler de ces Etats généraux de la presse, initiés, convoqués et organisés par le président de la République française dont les quatre groupes de travail commencent aujourd'hui à se réunir.

Un déni de démocratie

(photo François Bonnet, directeur éditorial de Mediapart) Les Etats généraux qui, en 1789, abolirent les privilèges, adoptèrent la déclaration des droits de l¹homme et instituèrent une assemblée constituante, étaient autrement démocratiques, transparents et pluralistes que la caricature qui nous est aujourd'hui proposée. «La publicité de la vie politique est la sauvegarde du peuple», affirmait en août 1789 Jean-Sylvain Bailly, président du tiers-état et premier maire de Paris, résumant d'unephrase cet enjeu crucial où la liberté de la presse garantit celle des citoyens. Citant cette sentence dans son Histoire des médias (Seuil, 1990), l'historien et praticien des médias Jean-Noël Jeanneney ajoute ce commentaire :«Il ne suffit pas de dire que désormais la souveraineté ne tombe plus d'en haut, et qu'elle procède du peuple ; il faut que tout se fasse en public, sous le regard attentif et sévère des citoyens». De fait, en 1789, les Etats généraux donnèrent lieu à l'expression publique de revendications par les cahiers de doléances, à la désignation pluraliste de représentants par l'élection de députés, à la confrontation transparente des opinions dans des assemblées ouvertes, à l'élaboration patiente de consensus légitimes sanctionnés par des votes.

Faut-il avoir perdu confiance en nous-mêmes, en l'ambition de notre métier et en l'exigence démocratique qui le fonde, pour accepter de cautionner, à plus de deux siècles de distance, une mise en scène où tous ces principes sont piétinés? Sous couvert de république, la procédure est monarchique. C'est le président de la République qui, seul, décide, choisit, arbitre. Ainsi le pouvoir exécutif, en son expression à la fois la plus symbolique et la plus sommaire, s'arroge sans partage le droit de décider ce qui sera bon pour ceux qui, dans ce pays, font profession d'informer. Il s'agit de « ma proposition », a insisté Nicolas Sarkozy dans son discours d'ouverture, le 2 octobre. Le «comité de pilotage», dont il a désigné seul les quatre membres sans aucun critère transparent ni procédure publique, sera coordonné par «mon cabinet», a-t-il ajouté, ne citant qu'ensuite, et donc dans une explicite soumission hiérarchique, la ministre de la culture et de la communication ainsi que la direction du développement des médias qui dépend du premier ministre. Ce comité est chargé de lui faire des «propositions» qui, a-t-il précisé, «tiendront compte des suggestions» des professionnels, formule aussi vague dans l'énoncé que souple dans l'exécution. Mais, au final, c'est lui et lui seul qui fera le tri : «J'écouterai et je tiendrai compte de ce qui sera dit». On a connu engagement plus contraignant.

Une procédure opaque

De cette régression stupéfiante ­ le pouvoir s'arrogeant la maîtrise du contre-pouvoir ­, tout le reste découle. Désignés par privilège présidentiel, les quatre «pilotes» choisissent de façon régalienne les membres de leurs groupes de travail. Quant à l'organisation des travaux, ni règle précise, ni transparence codifiée, encore moins de procédure claire ou d'ordre du jour précis: l'opacité règne, avec son cortège d'arrière-pensées, de manoeuvres et de clientèles, d'intérêts et de réseaux. Un secteur économique qui représente pas moins de 400 000 emplois voit donc la réflexion sur son avenir confiée à une poignée d'experts arbitrairement sélectionnés par le Prince du moment, lequel président a pourtant maintes fois démontré le peu de cas qu'il faisait de l'indépendance des journalistes et de la liberté de la presse.

Que des Etats généraux d'une presse minée par la crise et ébranlée par le numérique soient une excellente initiative, c'est une évidence. Que le discours introductif de Nicolas Sarkozy contienne des pistes intéressantes, c'est même possible. Mais l'on ne saurait être journaliste et accepter des Etats généraux qui non seulement ne sont pas organisés par la profession elle-même, mais qui, de plus, ne respectent aucun formalisme démocratique. De même que l'on ne saurait prendre pour argent comptant un simple discours présidentiel quand notre métier nous apprend à distinguer communication et information, en confrontant les mots aux actes. Journalistes, nous pouvons d'autant moins accorder notre confiance à cette procédure incertaine quand nous savons ce qui l'a précédée.


D'abord, le feuilleton de la réforme de l'audiovisuel public : service rendu en sous-main aux opérateurs privés qui réclament le monopole des ressources publicitaires ; commission parlementaire bafouée par le rejet présidentiel de ses propositions les plus consensuelles ; annonce unilatérale de la désignation des futurs dirigeants par le seul président de la République, confondant ainsi le service du public et celui de l'Etat pour mieux réduire l'autonomie conquise, depuis 1981, par les rédactions. Ensuite, le rapport préparatoire confié par Nicolas Sarkozy à une élue parisienne du parti présidentiel, l'UMP Danièle Giazzi, sur Les médias et le numérique : les quelques propositions pertinentes y sont accessoires par rapport à son objectif essentiel de dérégulation et déconcentration, porte ouverte à une régression accentuée d'un pluralisme médiatique déjà bien mis à mal. Enfin, le rôle occulte assumé, en toute vergogne, par l'officieux conseiller du président, particulièrement en ces matières médiatiques, Alain Minc : sa dernière sortie haineuse (ndlr: voir vidéo) contre Mediapart en particulier et le journalisme en général montre en quel estime il tient la liberté de la presse, alors même qu'il gagne sa vie en conseillant des opérateurs financiers directement intéressés à ce que décidera ce président qu'il conseille également, dans le secret de leurs conciliabules, sans rendre compte à quiconque et dans un mélange des genres stupéfiants.

Imposer de vrais Etats généraux...

Autant de raisons pour en appeler à la raison d'être de notre profession. Accepter de prétendus Etats généraux ainsi conçus, c'est forcément acquiescer à un marché de dupes. C'est surtout renier nos valeurs professionnelles et nos principes démocratiques, au risque d'accentuer le discrédit du journalisme dans l'opinion et d'aggraver ainsi une crise de confiance qui est au coeur des difficultés de la presse.

Nous en appelons donc à toute la profession, à tous les métiers de la presse et de l'information, à toutes les organisations syndicales et professionnelles, pour les inviter à choisir une autre voie, en imposant de véritables Etats généraux de la presse, organisés par la profession elle-même, avec des assemblées délibératives, des délégués élus, des doléances recueillies, selon une authentique procédure démocratique, c'est-à-dire publique.

Ne pas le faire, céder à l'appétit des intérêts particuliers et aux sirènes du pouvoir présidentiel, ce serait trahir la promesse démocratique qui nous légitime professionnellement, aussi essentielle pour nos concitoyens que celle qui, par le suffrage, légitime le chef de l'Etat. «Le principe de la liberté de la presse n'est pas moins essentiel, n'est pas moins sacré que le principe du suffrage universel, rappelait Victor Hugo, dans un discours à l'Assemblée constituante de 1848. Ce sont les deux côtés du même fait. Ces deux principes s'appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c'est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l'une, c'est attenter à l'autre».

lundi 29 septembre 2008

Etats généraux de la presse

Le 27 mai 2008 Nicolas Sarkozy annonçait sur RTL sa volonté d’organiser des Etats généraux de la presse afin de "trouver des solutions et garantir l’indépendance de la presse et la diversité d’opinion".

Chose faite... Nicolas Sarkozy donnera le jeudi 2 octobre le coup d'envoi des Etats généraux de la presse, destinés à trouver des solutions aux difficultés économiques de la presse écrite, a annoncé vendredi 26 septembre l'Elysée. Le chef de l'Etat lancera les travaux à 11 heures au palais présidentiel par une allocution devant les professionnels de la presse puis installera les différents "pôles de réflexion" chargés, sur le modèle du Grenelle de l'environnement, de réfléchir pendant deux mois à l'avenir de la presse, a-t-on précisé à la présidence. (AFP)

Quelques opinions recueillies par les journalistes du site journalisme.com

Selon Edwy Plenel (Mediapart), les responsables des grands journaux ne devraient pas accepter une "règle du jeu opaque sans aucune transparence" et réfléchir plutôt à la manière d’organiser eux-mêmes une réflexion collective au sein de la profession. "La situation est digne d’une monarchie !" s’exclame l’ancien directeur de la rédaction du Monde, soulignant non sans ironie que le terme même d’ "états généraux" peut parfois entraîner des révolutions…

François d'Orcival, Président du Syndicat Professionnel de la Presse Magazine et 'Opinion : l’organisation d’un tel événement par les pouvoirs publics devrait profiter aux journalistes et leur permettre par la suite de prendre la parole afin d’exprimer leurs besoins dans les différents domaines concernés. "Le rôle du Président de la République est celui de prendre des initiatives", explique-t-il. "S’il n’était pas là pour prendre des impulsions, qui les prendrait ?"



François d'Orcival sur les Etats généraux de la presse

lundi 15 septembre 2008

Edvige, Christina, Ariane et les autres

EDVIGE est le nouveau fichier de police officiellement institué par un décret en date du 27 juin 2008...

L'acronyme signifie "Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale". Sa mise en oeuvre correspond à la mise en place de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) qui fusionne désormais les RG et la DST. Cette fusion ayant été programmée par Nicolas Sarkozy dès son arrivée au ministère de l’Intérieur en 2002.


En plus d’Edvige, la police vient de se doter du fichier CHRISTINA (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux, classé « secret défense »), qui recense(ra) des données personnelles mobilisées par les forces de l’ordre en matière de lutte anti-terroriste.


Pour rappel, depuis les années 80, on assiste en France à un développement inédit de ce type de fichiers :

FPR (fichier des personnes recherchées)
FRG (fichier des renseignements généraux)
FIT (fichier automatisé du terrorisme)
FNT (fichier national transfrontière)
FNAEG (fichier national automatisé des empreintes génétiques)
FAED (fichier automatisé des empreintes digitales, enregistrant et conservant notamment les empreintes digitales de tous les individus mis en cause dans une procédure pénale pour crime ou délit, le FAED n’a jamais cessé de croître : 1,8 millions d’individus fichés en 2004… et plus de 3 millions aujourd’hui.)

Mais aussi...

JUDEX (système judiciaire de documentation et d’exploitation, prochainement fusionné dans ARIANE...)

STIC (système national des infractions constatées, alimenté par des informations extraites des procès verbaux établis dans le cadre de procédures judiciaires, le STIC comprenait 2,5 millions de fiches de personnes mises en cause en 1997… et plus de 4,7 millions en 2006)

Parallèlement, les autorités françaises ont contribué à mettre en place ou envisagent de participer à l’alimentation et à l’exploitation de nouvelles bases de données biométriques : fichier des empreintes digitales des demandeurs de visas, système d’information SCHENGEN II, fichier EURODAC, fichier national des passeports biométriques, etc.

Rappelons qu’au mois d’avril 2008, devant le tollé suscité par "l’expérimentation" du logiciel policier ARDOISE (acronyme d’« Application de Recueil de la Documentation Opérationnelle et d’Informations Statistiques sur les Enquêtes), MAM (Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur), avait dû renoncer (provisoirement) à ce nouvel outil (officiellement) présenté comme un moyen de traiter plus efficacement les infractions et d’augmenter leur taux d’élucidation. Ce logiciel devait permettre aux policiers, lors d’investigations, de collecter de nombreuses informations sur les individus se trouvant impliqués dans leurs enquêtes : les auteurs et les victimes, mais aussi les témoins. Il était demandé aux policiers, dans une rubrique intitulée « État de la personne » de renseigner d’étranges catégories concernant les individus amenés à entrer en contact avec les forces de l’ordre dans le cadre d’une procédure : « Homosexuel », « Transsexuel », « Travesti », « Relations habituelles avec personne prostituée », et cetera, etc... Claude A.Frison (mouture sources multiples et plus sur le site presshightech dédié à la sécurité dans le domaine des technos informatiques)

mardi 8 juillet 2008

Conseil de presse : avis favorable de la FFAP

La Fédération française des agences de presse (FFAP) vient de décider de soutenir l’idée de la création d’un "Conseil de presse en France".

Selon le site d'information Médiapart qui en publie texte et commentaires (le CPNA ne diffuse ici que des extraits, le texte intégral étant consultable sur le site de Médiapart), dans les grandes lignes, ce Conseil, instance indépendante constituée d’éditeurs, de journalistes et de représentants du public, aurait essentiellement pour but de « protéger la liberté de la presse et protéger le public contre les abus de cette liberté ». Il serait aussi un observatoire des pratiques professionnelles et pourrait mener des actions pédagogiques à destination des professionnels comme du public. Lire la suite...

vendredi 16 mai 2008

Adoption du projet sur la protection des sources (AP | 16.05.2008 | 00:18)

Les députés ont adopté jeudi 15 mai en première lecture le projet de loi sur la protection des sources des journalistes dans un contexte tendu par les récentes critiques de Nicolas Sarkozy et de ses proches contre les médias. La gauche, jugeant ce texte insuffisant, a voté contre. Ce texte attendu depuis plusieurs années par les journalistes, promis depuis 2006 par le gouvernement, aurait pu faire consensus. Son objectif est de garantir une "véritable protection aux journalistes", alors que la législation française est très insuffisante dans ce domaine. La France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour des poursuites contre des journalistes qui avaient refusé de révéler l'identité de leurs informateurs. Plusieurs perquisitions dans des entreprises de presse ont mis en avant la nécessité d'une définition précise de la protection des sources, pierre angulaire de la liberté de la presse.

Le texte présenté aux députés par le garde des Sceaux Rachida Dati complète la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de le presse en précisant que "le secret des sources des journalistes est protégé afin de permettre l'information du public sur des questions d'intérêt général". La justice ne pourra rechercher l'origine d'une information de presse que lorsqu'un "impératif prépondérant d'intérêt public" l'impose, à titre exceptionnel, en cas de crime ou délit grave et si cela est absolument nécessaire à l'enquête. Le texte protège davantage les journalistes en cas de perquisition. Les perquisitions dans les agences de presse et au domicile des journalistes devront être effectuées par un magistrat. Le journaliste pourra s'opposer à la saisie d'un document.

La gauche, relayant les critiques des syndicats de journalistes, a dénoncé "l'imprécision" de ce texte "inapplicable et régressif", selon Aurélie Filipetti (PS). Le projet "ne précise nullement ce qu'est une source ni qui sont les personnes protégées", a estimé l'oratrice socialiste, pour qui les dérogations laissent la porte ouverte à "l'arbitraire des juridictions".

Le texte a été examiné dans un climat tendu par les attaques de Nicolas Sarkozy contre certains médias la semaine dernière devant les parlementaires de la majorité, et par la polémique entre le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre et l'Agence France Presse (AFP), accusée de n'avoir pas repris un communiqué sur la condamnation de Ségolène Royal pour ne pas avoir payé deux anciennes attachées parlementaires. Absente lors du débat, la ministre de la Culture Christine Albanel est allée jusqu'à évoquer la création d'un nouveau service de l'agence dédiée à la diffusion de communiqués...

Nicolas Sarkozy : extrait relatif à la protection des sources lors de la conférence de presse du 8 janvier 2008


Lors de sa première conférence de presse de l'année, le chef de l'Etat avait promis un texte permettant notamment "d'étendre au domicile privé des journalistes les garanties prévues pour les locaux d'entreprise de presse".


Nicolas Sarkozy avait promis lors de sa première conférence de presse de l'année, le 8 janvier, un texte en 2008 sur la protection des sources des journalistes, souhaitant également des mesures pour améliorer la distribution de la presse écrite. "Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Chacun doit le comprendre, chacun doit l'accepter", avait déclaré le chef de l'Etat. "En 2008, on fera ce texte" sur la protection des sources, qui doit permettre d'étendre au domicile privé des journalistes les garanties prévues pour les locaux d'entreprise de presse, avait-il promis, en réponse à une question de Mireille Lemaresquier (présidente de l'association de la presse présidentielle).


"Se donner les moyens d'avoir une presse distribuée"


"Il m'arrive d'être mitigé sur le respect d'une certaine déontologie professionnelle de certains de vos confères, je ne l'ai jamais caché et je l'assume", avait déclaré Nicolas Sarkozy. Mais "je préfère les excès de la presse à l'absence de la presse", avait ajouté le président. Nicolas Sarkozy avait, par ailleurs, estimé que "le premier problème" de la presse française était celui de la distribution de la presse écrite. "Le gouvernement est prêt à engager une concertation" avec la presse "pour se donner les moyens d'avoir une presse distribuée", avait-il dit. "Le journal aujourd'hui n'est plus accessible", avait lancé Nicolas Sarkozy, déplorant qu'il y ait "de moins en de moins de kiosques" et que "le portage coûte une fortune". Le gouvernement de François Fillon est prêt "à aller très loin dans un "plan de modernisation de la distribution de la presse", avait-il dit.


"Etre raisonnables et prudents"


Le président avait ensuite estimé que le second problème qui se posait à la presse était celui de sa "sous-capitalisation", qui "ne permet pas aux organes de presse d'investir". Il avait critiqué les "grandes déclarations un peu ridicules auxquelles nous avons assisté récemment sur la propriété de tel ou tel journal (...) "Que des gens qui ont des moyens investissent dans un journal, c'est une très bonne nouvelle", avait-il dit. "On ne peut pas dire que la presse est une industrie et refuser d'avoir des actionnaires pour financer cette industrie". Par ailleurs, alors qu'il était fait allusion aux deux reporters français prisonniers au Niger, Nicolas Sarkozy avait appelé d'une manière générale les journalistes à être "raisonnables et prudents". "Par moment j'aimerais que certains soient prudents. Nous sommes obligés de prendre des risques pour aller chercher certains de vos confrères qui ont pris des risques qui n'avaient rien à voir avec l'exercice de leur métier, et qui sont simplement dus à une certaine légèreté", avait-il dit. "Ce n'est pas parce qu'on est journalistes qu'on doit enfreindre la loi", avait-il ajouté, soulignant qu'il avait été "chercher" des journalistes retenus au Tchad dans l'affaire de l'Arche de Zoé.


(caf extrait d'après nouvelobs.com du 11 février 2008)

mardi 13 mai 2008

John-Paul Lepers sur la liberté d'expression des journalistes de terrain...

Le journaliste John-Paul Lepers sur la liberté d'expression des journalistes de terrain...

vendredi 18 avril 2008

Liberté de la presse : un caméraman expulsé "manu militari"

10 avril dernier, un reportage tourné pendant le parcours de la flamme olympique lors de son passage à Paris. Un caméraman qui travaille pour France 2 et CAPA est expulsé manu militari du pool presse par des policiers français... visiblement (écoutez bien) aux ordres de la délégation chinoise... alors qu'il avait toutes les autorisations. C'était dans Envoyé Spécial de Françoise Joly et Guilaine Chenu, repris par Morandini... ça dure 3 mn... no comment... (ndr : y-a-t'il péril jaune en la demeure pour les journalistes... ça promet du sport aux JO :-))


mardi 19 février 2008

Liberté de la presse : cartographie


source reporters sans frontières (cliquer pour agrandir)

fracture numérique



cliquer sur la cartographie pour agrandir

Dans ses différentes campagnes pour la liberté d'opinion et de presse Reporter Sans Frontières pointe régulièrement la fracture numérique qui toucherait encore une quinzaine de pays. Ou bien ces nations limitent l'accès à des catégories de décideurs, ou bien elles en contrôlent l'usage de façon si restrictive qu'il reste difficile de s'y exprimer. Surtout d'échanger des informations ou des idées avec l'étranger par le biais d'internet. On notera que le web ne concerne encore qu'une frange mineure de la population mondiale. Les estimations les plus fiables font état d'environ 15 pour cent d'utilisateurs sur la planète. Leur utilisation change la donne dans les pays émergents ayant accès à ces outils de communication et d'apprentissage. Autre enjeu, le développement d'accès à l'internet depuis des zones isolées, à l'instar du Wimax. (caf)

jeudi 24 janvier 2008

de l’indépendance économique des médias

La quatrième conférence les jeudis de la liberté "Liberté ! Je crie tes noms" le 31 janvier dernier, était consacrée à l’indépendance économique des médias. Pour susciter le débat autour des questions les plus actuelles, le Conseil général de Loire Atlantique organisait autour de l’exposition Liberté six conférences « Les jeudis de la liberté » : liberté de la presse, femmes libres et pionnières, libertés individuelles (naître, vivre, mourir) … les médias ont-ils la liberté de tout dire ? Confrontée au poids des annonceurs, à l’influence d’actionnaires souvent liés aux milieux économiques ou politiques, soumise à des objectifs commerciaux, comment la presse choisit-elle ses sujets, ses traitements, ses formats ?

La presse française s’est reconstruite après-guerre autour du rêve des hommes et femmes issus de la Résistance : une presse libre, qui ne dépende que de ses seuls journalistes. Aujourd’hui, quelles relations a-t-elle avec l’économie marchande ? La presse écrite a-t-elle un avenir au plan économique ? Et la presse d’opinion ? Les conflits récents entre rédactions, décideurs ou actionnaires aux Echos et au Monde, l’émergence de médias nouveaux, associatifs ou qui font le choix de se priver de ressources publicitaires, marquent-ils un changement d’ère pour la presse française ?

Conférence-débat avec Jean-Michel Dumay, président de la Société des rédacteurs du Monde, président du Forum des sociétés de journalistes, Pierre Haski, directeur de la publication du site Rue89.com, Patrick Eveno, maître de conférences à l’Université Paris 1, rédacteur en chef de la revue Le temps des medias, auteur de Histoire du journal Le Monde, 1944-2004 et L’argent de la presse française des années 1820 à nos jours, animée par Cécile Petident, journaliste illustrée par Aurel, dessinateur de presse

vendredi 11 janvier 2008

SNJ Radio France : assez de pub à Radio France




Selon le SNJ Radio France, premier syndicat de journalistes de la radio de service public, le PDG de Radio France, Jean Paul Cluzel, et la Ministre de la Culture, Christine Albanel envisagent, pour des questions budgétaires, d'autoriser les chaînes de Radio France (France Inter, France Info, France Culture, France Musique, Le Mouv, Fip, France Bleu) à diffuser de la publicité de marque. Jean-Paul Cluzel aurait engagé des négociations avec le gouvernement pour un assouplissement des règles qui régissent la diffusion de la publicité sur les antennes de Radio France.

 

mention légale (art. 93-2, loi n°82-652 du 29 juillet 1982): Claude Frison (responsable de la publication) conception | presshightech